La mairie veut explorer de nouvelles niches de recettes

niche_recette1La commune dont l’essentiel des ressources lui viennent des taxes collectées au marché central, se trouve dans l’obligation de trouver de nouvelles niches de recettes pour se donner les moyens de ses ambitions, ont souligné plusieurs conseillers municipaux, lundi 29 décembre 2014, au cours du débat d’orientation budgétaire.

Dans le rapport introductif des débats d’orientation budgétaire, d’importants projets ont été annoncés, lesquels nécessitent de gros investissements. Parmi ces projets, figurent la construction de postes de santé, de salles de classe et de murs de clôture de certaines écoles.

D’où la nécessité de redynamiser le Bureau des recettes, pour le rendre « opérationnel et efficace », a noté le secrétaire municipal Mamadou Diallo. Cela permettrait un « inventaire exhaustif des niches de recettes » et contribuerait à « booster le recouvrement augmentant ainsi les capacités d’action de la commune », a-t-il dit.

« Nous avons de grandes ambitions, mais sans ressources, nous ne pourrons pas les réaliser », a averti la conseillère Ba Oumou Diallo, relevant qu’hormis le marché central, la mairie n’a pratiquement pas d’autres sources de recettes, alors que des secteurs susceptibles de générer des recettes existent dans la commune. Il a évoqué les ateliers d’artisanat, les mototaxis, les banques, entre autres.

Abondant dans le même sens, le conseiller Bouna Cissokho s’est demandait si la Société de développement et des fibres textiles (SODEFITEX) s’acquittait de ses redevances à la municipalité, ou encore si d’autres société comme la Sénégalaise des eaux (SDE) ou la Société nationale des télécommunications (SONATEL) payaient les taxes sur la publicité. Autant de secteurs qui représentent des niches de recettes à explorer, à son avis.

Le Trésor est en train de travailler à l’identification de ces niches, parmi lesquelles les droits de place, de stationnement de camions, a indiqué le payeur régional Moussa Touré qui a pris part à la rencontre.

« Le potentiel est là », a-t-il dit, se disant agréablement surpris par le fait que « les Tambacoundois sont prompts à payer les impôts locaux », à la différence de ce qu’il a vu dans d’autres régions du pays.

« Un début de recouvrement s’est révélé très fructueux », a-t-il dit, avant de rassurer le conseil municipal au sujet du rôle de conseil que son service compte jouer aux côtés de la mairie.

M. Touré a toutefois relevé la prépondérance de la part du budget municipal réservée aux dépendes de fonctionnement – 700 millions de francs CFA contre 300 millions dédiés à l’investissement –, avant de souligner la nécessité d’un équilibrage par une réduction de la masse salariale, ainsi qu’une limitation des recrutements.

Le maire a salué le travail qu’est en train d’abattre le payeur aux côtés de l’équipe municipale, en vue de l’exploration de nouvelles niches. Il a noté que rien que les taxes pouvant être perçues aux différentes entrées de la ville, ont été estimées à 9 millions de francs CFA par mois.

Concernant les mototaxis, qui dépassent le millier, le principe est acquis que leurs propriétaires devraient verser 3.000 par mois à raison de 100 francs par jour, a noté le préfet Amadou Bamba Koné qui représentait l’Etat à cette rencontre.

Il a ajouté, pour ce qui est de la SODEFITEX, qu’elle est exonérée de taxe, citant la réponse donnée par un ministre lors du conseil des ministres délocalisé à Tambacounda.

D’aucuns ont évoqué la réalisation du marché sous-régional dont le projet existe depuis les années 1980 et pour lequel un site a déjà été affecté par la mairie, pour booster ses recettes. Les fonds ainsi collectés devraient s’ajouter aux subventions de l’Etat et à l’appui des partenaires dans le cadre de la coopération décentralisée.

« La commune de Tambacounda doit être élevée au même niveau que les autres communes du pays, et nous y travaillerons », a martelé le maire, non sans ajouter: « Nous avons dépassé le temps de la politique, maintenant, c’est le temps du travail ».